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LÉGENDES ANTIQUES 2/2

Façade de la Bibliothèque d'Etude et du Patrimoins rue de Périgord à Toulouse
© P. Nin
Sylvestre Clerc, Légendes antiques II, 1932-1935, maquette, bas-relief en plâtre.

Ce second article poursuit l'exploration des Légendes antiques réalisées par Sylvestre Clerc. Ce dernier a réalisé pour la Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine de Toulouse (rue de Périgord) une frise qui orne la façade de l'édifice. Réalisée entre 1932 et 1936, c'est l'œuvre maîtresse de l'artiste. Longue d'une soixantaine de mètres, elle déroule une série de grands mythes fondateurs des civilisations du monde et met en scène des personnages illustres des arts.

Le musée conserve les maquettes en plâtre de cette œuvre : deux bas-reliefs d'environ 3,6 m de long chacun sur 60 cm de hauteur.

Découvrez ci-dessous le détail de la seconde maquette et retrouvez ici la présentation de la première.

 

Rémus et Romulus


Voici l'histoire légendaire des fondateurs de Rome. Frères jumeaux, Romulus et Rémus, sont les fils du dieu de la guerre Mars, et de Rhéa Silvia, fille de roi. Les deux enfants sont donc prétendants au trône.
On fit courir le bruit que leur mère était une vestale (prêtresse dédiée à la déesse Vesta), cette fonction lui imposant la chasteté. Sans plus attendre, ils devaient être jetés dans le Tibre !
Les nouveau-nés furent déposés dans un panier et on raconte que le dieu du fleuve, Tiberinus, calma les eaux de la rivière pour épargner les deux frères.
Pris dans les racines d'un figuier sacré, les enfants furent découverts par une louve, qui les allaita. Recueillis ensuite par un berger, ils réintégrèrent le monde des hommes et décidèrent de bâtir une ville, appelée Rome, à l'endroit même où ils avaient été sauvés.
Le caractère poétique et légendaire de ce récit met en exergue le fait qu'on ne peut aller contre son destin : le leur était de régner.


Byzance - Constantinople (Constantin trace l'enceinte de sa nouvelle ville)


Byzance est une ancienne cité grecque (approximativement l'actuelle Istanbul).
Comme toute la Grèce, Byzance subit la tutelle de l'empire romain à partir du I er siècle de notre ère. En 324, l'empereur Constantin décide de faire de Byzance la nouvelle Rome.
Celui-ci donne carte blanche à ses architectes et décorateurs pour embellir la vieille cité et lui donner le rang de résidence impériale. C'est ainsi qu'elle est ornée de nombreuses œuvres d'art sélectionnées avec soin et acheminées de toutes les provinces de l'Empire. L'empereur choisit alors un nouveau nom pour sa ville : de Byzance, elle devient Constantinople.
Sur le bas-relief, Constantin, vêtu d'une longue cape, dirige fermement une charrue tirée par des bœufs, pour tracer les nouvelles limites d'une ville agrandie. Une souple créature, aux ailes largement déployées, guide les animaux dans cette entreprise, en les maintenant par les cornes.


Tristan et Yseult (Angleterre)


Tristan et Yseult est un mythe littéraire d'origine celtique, écrit au XIIe siècle.
La tragédie est centrée sur l'amour adultère. L'histoire se déroule en plusieurs lieux, entre Cornouaille et Irlande, et par-delà les mers.
Tristan, parfait chevalier, et Iseult, fille du roi d'Irlande, tombent amoureux en buvant un filtre d'amour. Alors que cette dernière est contrainte d'épouser l'oncle de Tristan, le roi Marc'h, les deux amants décident de se voir en cachette jusqu'au jour où, piégés et condamnés, ils sont obligés de fuir dans la forêt. De nombreux obstacles les sépareront à nouveau, mais la mort finit par les réunir pour l'éternité.
Entre fidélité à toute épreuve et grand sentiment de bravoure, cette histoire de passion, au-delà de l'adultère et de la mort, caractérise l'emprise fatale d'un amour qui se renforce malgré les obstacles.
L'histoire de Tristan et Yseult, tendrement enlacés au cœur d'une végétation dense dans notre bas-relief, a inspiré bien des poètes. Adaptée et modernisée à plusieurs reprises, elle a influencé l'art occidental en peinture, en littérature et au cinéma.


Siegfried (Allemagne)


Siegfried est un héros légendaire de la mythologie nordique qui apparaît dans plusieurs poèmes héroïques du XIIIe siècle. Il devient, dès cette époque, le personnage principal de l'épopée nationale allemande.
Siegfried est un prince guerrier d'une puissance supérieure, auteur de nombreux exploits. Nous le voyons ici, muscles saillants, transperçant de son épée le dragon Fáfnir, qui crache rageusement du feu.
Certaines traditions rapportent qu'il est devenu invulnérable en se baignant dans le sang du monstre, excepté à un endroit précis du dos. À cause de ce point faible, il meurt tragiquement lors d'un combat. Cette particularité n'est pas sans rappeler d'autres personnages mythiques. On pense bien sûr à Achille, fragilisé, lui, par son talon.


Parsifal et les filles fleurs


Parsifal est un roman en vers de la littérature médiévale allemande, composé au XIIIe siècle. Par son thème, il se rattache à l'épopée du mythique Roi Arthur : Parsifal est inspiré de Perceval ou le « Conte du Graal » de Chrétien de Troyes, écrit au XIIe siècle.
Le roi Amfortas s'est fait voler par le magicien Klingsor la sainte lance, qui jadis transperça le flanc du Christ. Les Chevaliers du Graal attendent l'arrivée d'un innocent au cœur pur qui saura récupérer la lance, c'est là qu'entre en scène Parsifal.
Parmi de nombreux obstacles, il se voit confronté à une femme, celle-là même qui, au pied de la croix, avait ri de la souffrance du Christ. Dans le jardin magique du magicien Klingsor où se trouvent des filles-fleurs, elle essaie de pervertir Parsifal, mais il ne cède pas aux tentations.
On le voit ici, devant son puissant destrier, garder la tête haute et porter son regard au loin, alors que des jeunes filles nues, à ses pieds, l'implorent.
Parsifal parviendra à récupérer la lance, et après un long temps d'errance, il la rapportera aux chevaliers du Graal. Du simple guerrier ignorant à ses débuts, il devient ainsi le nouveau roi du Graal.
C'est du moins la fin que Richard Wagner a choisi pour son opéra, présenté pour la première fois au public en 1882.
Dans les années 1930, époque des bas-reliefs de Sylvestre Clerc, cet opéra est encore dans toutes les mémoires.

 


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