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LÉGENDES ANTIQUES 1/2

Façade de la Bibliothèque d'Etude et du Patrimoins rue de Périgord à Toulouse
© P. Nin
Sylvestre Clerc, Légendes antiques I, 1932-1935, maquette, bas-relief en plâtre.

Coup de projecteur sur les Légendes antiques réalisées par Sylvestre Clerc.
Ce sculpteur français né à Toulouse, a réalisé pour la Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine de Toulouse (rue de Périgord) une frise qui orne la façade de l'édifice. Réalisée entre 1932 et 1936, c'est l'œuvre maîtresse de l'artiste. Longue d'une soixantaine de mètres, elle déroule une série de grands mythes fondateurs des civilisations du monde et met en scène des personnages illustres des arts.

Le musée conserve les maquettes en plâtre de cette œuvre : deux bas-reliefs d'environ 3,6 m de long chacun sur 60 cm de hauteur.

Parcourons en détail ces maquettes. Ci-dessous découvrez la première maquette et ici la seconde.

 

 

Seth et le serpent Apophis (Egypte)

Associé à la confusion, Seth est un dieu brutal et complexe (il assassine son frère Osiris par jalousie) qui contribue néanmoins à l'équilibre cosmique : son attitude n'est pas toujours malveillante puisqu'il combat quotidiennement le redoutable serpent Apophis. Personnification du chaos et du mal, Apophis, chaque matin et chaque soir, attaque la barque de Rê le Dieu Soleil, pour détruire l'ordre des jours et des nuits et faire régner l'obscurité.
Seth aux muscles très soulignés est ici armé de son harpon et lutte fougueusement contre le monstre reptilien à la gueule menaçante et au corps convulsé.
Ce combat, sans cesse renouvelé, symbolise la lutte perpétuelle entre la lumière et les ténèbres, l'ordre et le désordre, la vie et la mort.
Les Egyptiens de l'Antiquité ont ainsi élaboré ce mythe pour expliquer plusieurs phénomènes :
- l'éclipse de soleil, représentant ainsi la victoire d'Apophis
- la couleur rouge qui teinte l'horizon à l'aube comme au crépuscule, illustrant le sang du serpent vaincu.


Zoroastre enfant chassant les monstres (Perse)

Un enfant, dans les bras d'une femme, probablement sa mère, tend son bras vers une créature fantastique. Il s'agit de Zoroastre enfant.
Né dans l'actuel Iran à une date imprécise (entre le VI et le XVème siècle avant JC), il est considéré comme un prophète. Ses visions le firent remettre en cause l'ancienne religion perse polythéiste, et le pouvoir établi qui le chassa. En exil, il fonda le Zoroastrisme, religion vénérant le dieu unique Ahura Mazda. Zoroastre fut le premier à enseigner la doctrine morale des deux principes du bien et du mal, une forme de dualisme cosmique qui comporte de nombreux rites sacrificiels à base d'animaux.
Sylvestre Clerc se réfère ici au poème philosophique de Friedrich Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra », publié entre 1883 et 1885, une œuvre qui connut un très grand retentissement.
Beaucoup de légendes racontent la vie de Zoroastre, si bien qu'il est difficile aujourd'hui de déceler le vrai du faux. Personnage historique ou mythologique ?
On a fait un récit épique de sa vie, remplie d'événements surnaturels et de miracles. La scène sculptée ici illustre un épisode de sa jeunesse.


Hercule et l'Hydre de Lerne


Quand on évoque les héros de la mythologie grecque, on ne peut s'empêcher de penser à Héraclès (ou Hercule chez les romains), et à ses douze exploits.
Très célèbres, les douze travaux d'Héraclès, commandés par le roi Eurysthée, sont devenus une source iconographique majeure de l'art occidental. Tuer l'Hydre de Lerne constituait la deuxième tâche.
Cette créature dont l'haleine exhale un dangereux poison, est décrite comme un monstre possédant plusieurs têtes, qui repoussent sans cesse lorsqu'elles sont tranchées. Héraclès, recouvert de sa peau de lion pour se protéger des morsures, attira la bête hors de son repaire en lui lançant des flèches enflammées.
Mais un crabe géant sortit de la mer pour venir en aide à l'Hydre et pinça fortement Héraclès au pied. Furieux, il écrasa sa carapace et appela son neveu Iolaos pour l'aider, car le nombre de têtes ne faisait qu'augmenter.
Ce dernier mit le feu aux arbres d'une forêt proche, et utilisa les débris pour brûler les moignons de cou, afin d'empêcher les têtes de repousser. Ainsi, Héraclès put décapiter celle qui était immortelle et l'enterra vivante sous un très lourd rocher.
Avant de partir, il trempa ses flèches dans le venin de la bête pour rendre mortelle la moindre blessure provoquée par l'une d'elles.
Cependant, Eurysthée refusa de considérer cet exploit comme valable, car Héraclès avait bénéficié de l'aide de Iolaos et décida donc d'ajouter une épreuve supplémentaire.


Éros et Psyché


Psyché était une princesse d'une beauté si parfaite que les foules se déplaçaient jour et nuit pour la contempler, telle une œuvre d'art. Jalouse de cette rivale et offensée d'être oubliée, Aphrodite déesse des plaisirs et de la beauté, mis au point une vengeance. Elle ordonna à son fils Éros, dieu de l'amour, de rendre Psyché amoureuse du mortel le plus méprisable qui soit. Mais alors qu'il s'apprêtait à remplir sa mission, il tomba lui-même amoureux de Psyché en se blessant avec l'une de ses flèches.
La princesse répondit à cet amour, mais la condition imposée par Éros était de ne jamais le regarder. Cependant, poussée par la curiosité, elle décide un soir d'allumer une lampe à huile, afin de voir à quoi ressemblait cet amoureux mystérieux.
Elle découvre alors l'être le plus splendide qu'elle n'ait jamais vu ! Mais une goûte d'huile tomba sur le dieu qui se réveilla. Déçu par cette trahison il s'envola dans la nuit, le cœur brisé.
Aphrodite, toujours en colère et jalouse, impose à Psyché des épreuves plus difficiles les unes que les autres afin de prouver qu'elle est digne de revoir Éros.
Mais elle échoua lors de la dernière tâche, et plongea dans un sommeil sans vie.
Éros, touché par tout ce qu'elle avait traversé par amour pour lui, décide de la sauver et de la conduire devant Zeus. Ouvrant ses ailes vers le ciel, il porte celle qu'il aime vers l'immortalité. C'est ainsi qu'elle devint la déesse associée aux esprits et aux âmes. Psyché est une des rares humaines à quitter son statut de mortelle dans la mythologie grecque.


Œdipe et le Sphinx


Voici un autre épisode de la mythologie grecque, celui où Œdipe rencontre le Sphinx.
Selon la prophétie de l'oracle, Œdipe est promis à un destin tragique : tuer son père et épouser sa mère. Afin d'y échapper, il prit la fuite et commença un long voyage.
À peine arrivé à Thèbes, il se retrouve face à une créature fantastique qui tyrannise les habitants : le Sphinx.
Celui-ci ne partira que si quelqu'un parvient à résoudre son énigme, promettant aussi de dévorer ceux qui échoueront.
Il pose alors la question à Œdipe, qui se présente devant lui :
« - Quel animal marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ?
- C'est l'Homme : au matin de sa vie, le bébé marche à quatre pattes, à midi, il marche sur ses deux jambes et au soir de sa vie il s'aide d'une canne, marchant ainsi sur trois pattes. »
Furieux et vexé, le Sphinx se jette du haut de son rocher. En remerciement, Œdipe est nommé roi de Thèbes par les habitants, et épouse la reine, sans savoir qu'il s'agit en réalité de sa mère...
Nous pouvons distinguer sur la sculpture le monstre au buste féminin, au corps de lion, et aux ailes d'oiseaux, ainsi qu'Œdipe, qui se tient fièrement devant lui, tel un vainqueur.
Notons ici que lorsque la créature possède des attributs féminins, on parle plutôt de "Sphinge".


Indes (enfance sauvage)  


La représentation des dieux et des déesses hindous associés au règne animal est fréquente : Hanuman le dieu-singe, Ganesh avec sa tête d'éléphant, Shiva et son cobra autour du cou, ou encore la redoutable déesse Durga, qui symbolise la lutte contre l'obscurité et l'ignorance, toujours représentée chevauchant un tigre ou un lion. Le tigre, gardien de la jungle, est craint et vénéré depuis des siècles. Il est perçu comme un frère, un protecteur, destructeur du mal et symbole de fertilité.
Dans ce bas-relief, Sylvestre Clerc a choisi de représenter l'Inde dans une scène de félins protégeant un enfant (qui semble même les enlacer).
Au-delà du rapprochement que l'on pourrait faire avec le jeune Mowgli (le « Livre de la jungle » de R. Kipling paru en 1894 a marqué les esprits), il est question avant tout de mettre en valeur le caractère sacré des animaux et leur relation avec les hommes depuis la nuit des temps. En effet, selon la religion hindouiste, le divin est en chacun de nous, en l'homme comme en l'animal.
Il pourrait s'agir ici de la représentation d'une divinité enfant – peut-être Brahmā, le dieu créateur de l'hindouisme – vivant ses premières années dans le contexte d'une nature sauvage et libre, riche d'enseignements.


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