Une commande pour Troyes

Ce livre d’heures a été exécuté à Lyon. Cependant, plusieurs éléments très importants renvoient vers la ville de Troyes.
Les armoiries présentes sur le manuscrit nous indiquent que le commanditaire était membre d’une riche famille de marchands drapiers troyens : les Molé.
 

Le commanditaire, représenté en prière au revers du folio 169 a pu être identifié grâce à ses armoiries « de gueules à la bordure engrêlée d’argent, à deux étoiles d’or en chef ». L’engrêlure d’argent (bordure crantée) désigne vraisemblablement un cadet pour le distinguer de son frère aîné.  Il s’agit sans doute de Jean Molé ,seigneur de Villy-le-Maréchal, second fils de Guillaume Molé et de Jeanne Léguisé sœur de l’évêque de Troyes, Jean Léguisé. En pleine guerre de Cent ans, en 1429, cet évêque s’était rendu célèbre pour avoir convaincu les habitants de la ville alors tenue par les Anglais, d’ouvrir les portes de leur cité à Jeanne d’Arc. La famille en tira un grand prestige.

De plus, dans le calendrier, plusieurs saints locaux apparaissent, en relation avec l’histoire religieuse de la ville de Troyes.

Saint Loup (Lupi) mort en 478 est cité plusieurs fois (plusieurs saints portent ce nom). Le 29 juillet, il apparaît comme évêque = epi[scopus], écrit en rouge, pour que sa fête soit mise en valeur en tant qu’évêque de la cité.

D’autres évêques de la ville sont repérables : saint Ours mort en 426 (Ursi), le 26 juillet, Ambroise, évêque en 549, le 4 avril, ou encore Prudence évêque de 846 à 861, le 6 avril. Léon mort en 550, abbé de Mentenay près de Troyes, est cité le 26 mai. 

Les textes des prières associés à chaque office varient aussi d’un diocèse à un autre. Nous trouvons ici des spécificités troyennes. Enfin, des saints locaux comme saint Loup apparaissent logiquement dans les suffrages.

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