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Deux nouvelles acquisitions

Henri Deturck,
© Galerie de Lardemelle
L'année 2019 a été riche en acquisitions pour le musée des Augustins. Après le don de deux tableaux caravagesques, le musée a, entre autres, fait l'acquisition de deux belles toiles qui viennent compléter et enrichir ses collections.

 

Henri Deturck (Bailleul, 1858 - Coutances, 1898),

Tête d'étude,

Huile sur toile, 53 x 50 cm

 
Parmi les rares tableaux connus d'Henri Deturck dominent paysages, intérieurs d'église, scènes de genre campagnardes et représentations de métiers.
Mi philosophe antique mi vagabond, le modèle incarne ici une forme de sagesse populaire. En dépit de son attitude, il ne peut s'agir d'un clochard mort croqué à la morgue car le sang afflue aux joues et l'expression est vigoureuse. L'auréole et la signature ont été ajoutées par l'artiste dans une phase ultérieure. Était‐ce pour donner une respectabilité à ce qui n'aurait été qu'une tête de misérable avant son passage au Salon de 1895 ou une onction de sacré pour un collectionneur ? Nous ne le saurons sans doute jamais.
Le peintre a su à merveille détacher sa figure de manière presque violente sur un fond neutre. Le tissu de l'appuie-tête est brossé d'un faire large et rapide qui le rend presque indéchiffrable. Pour le rendu de la carnation et des pilosités, le pinceau du peintre ralentit et gagne en fluidité. Il traduit avec force le teint cuivré, tanné par l'existence et l'énergie vitale qui palpite malgré une sérénité apparente.
 
L'achat de ce tableau par la Ville de Toulouse a bénéficié d'une participation financière du FRAM Occitanie (Fond Régional d'Acquisition pour les musées) à hauteur de 50%.
 

Charles-Abraham Chasselat (Paris, 1782-1843),

Le Repos de Bélisaire, 1812,

Huile sur toile, 61,5 x 52 cm.

Le Repos de Bélisaire marque les débuts de Charles-Abraham Chasselat au Salon. Son œuvre passa quelque peu inaperçue au milieu des tableaux célèbres réunis à l'occasion de cet évènement majeur. Il s'agit pourtant d'une invention singulièrement poétique et originale.
Chasselat s'est concentré sur le thème du repos du vieux guerrier accompagné par un enfant également endormi, donnant à voir une scène douce et intimiste.
Le choix d'une représentation en extérieur dans un édifice antique en ruines renforce le sens de méditation sur une grandeur passée. À la différence des prestigieux exemples antérieurs à la Révolution, Chasselat choisit une lumière naturelle dorée qui souligne la délicatesse des traits du noble vieillard et
du bel enfant. Le manteau vert du vieux général est une belle invention qui se détache des couleurs habituelles de cette école.
 
L'achat de ce tableau par la Ville de Toulouse a bénéficié d'une participation financière du FRAM Occitanie (Fond Régional d'Acquisition pour les musées) à hauteur de 50%.
 

Les acquisitions mode d'emploi

L'inscription sur l'inventaire d'un musée de France confère une inaliénabilité sans limites à une oeuvre d'art. C'est-à-dire qu'une fois entrée dans les collections d'un musée, l'œuvre ne pourra jamais être vendue ou cédée. C'est pourquoi il ne faut pas se tromper sur son authenticité, sa qualité et sa provenance.
Heureusement, un conservateur n'achète pas seul. Après avoir fait valider le projet d'acquisition à la collectivité dont il dépend, il prend tout d'abord attache avec les collègues des grands départements nationaux (Louvre, Orsay, Musée national d'art moderne selon la date d'exécution de l'oeuvre) et avec les spécialistes, universitaires ou conservateurs, d'un artiste ou d'un mouvement afin de parvenir à un consensus sur l'intérêt muséal de l'oeuvre. L'acquisition est ensuite débattue devant la commission régionale d'acquisition qui se penche sur la pertinence de l'acquisition par rapport aux collections du musée et sur son prix. Si l‘oeuvre répond à tous ces critères, elle peut intégrer les collections du musée.

 


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