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DONATIONS

DEUX CARAVAGESQUES OFFERTS AU MUSÉE

Nicolas Tournier (Montbéliard, 1590 – Toulouse, 1639),
© Musée des Augustins
Grâce à la générosité du plus grand collectionneur français actuel d'œuvres de disciples européens du Caravage, le musée voit entrer dans ses collections deux tableaux caravagesques.

 

Nicolas Tournier (Montbéliard, 1590 – Toulouse, 1639)

Le Roi Midas

Le premier don est un tableau de Nicolas Tournier, Le Roi Midas. Avec l'arrivée de cette œuvre, le musée s'affirme comme le lieu par excellence où l'on peut étudier la production du peintre comtois, actif à Toulouse au cours des dernières années de sa vie.

Ce tableau est original puisque le roi légendaire apparaît seul, déconnecté de l'affrontement musical entre Marsyas et Apollon. Le seul signe distinctif lié à ce mythe se lit dans la présence de ses oreilles pointues, les fameuses oreilles d'ânes qui attestent la grossièreté de son jugement. Si l'on excepte ce détail amusant, la représentation reste très sobre. La figure est traitée de trois quarts, presque de dos. Le type physique et l'expression du roi ne diffèrent pas tellement de ceux des soldats et joueurs de dés des scènes de banquet et des reniements de saint Pierre caravagesques de notre artiste.

L'entrée au musée de cette œuvre singulière, la seule connue à ce jour de Tournier dans le genre mythologique, complétera la représentation déjà très riche de l'artiste dans les collections.
 

Dirck van Baburen (Wijk bij Duurstede, 1595 – Utrecht, 1624)

Bacchus


© Musée des Augustins
 
Le second est un Bacchus du peintre Dirck von Baburen, un des plus célèbres caravagesques de l'École d'Utrecht composée également de ter Brugghen et Honthorst pour ne citer que les plus grands. Ici, le dieu du vin n'est pas représenté dans une bacchanale comme dans la peinture baroque flamande mais seul, dans une attitude comique à la manière des tableaux de jeunesse du Caravage. Vêtu de sa peau de panthère, il recueille le raisin pressé dans une huître. Son regard moqueur est dirigé vers le spectateur comme pour souligner la valeur morale de son action. In vino veritas. La tradition humaniste de la Renaissance associait Vénus à Bacchus et à Cérès, soit l'alliance de l'amour et de l'ivresse au profit de la fécondité. C'est ce que rappelle l'artiste d'une manière plus directe qu'allusive. La mise en page est fort originale avec cette position de trois‐quarts et le clair-obscur puissant qui magnifie le corps du dieu. Le style de Baburen dans cette toile offre rondeur et truculence.
 
Mort très jeune sans doute de la peste, le peintre néerlandais laisse une production prestigieuse (une chapelle à San Pietro in Montorio à Rome) mais peu abondante. Il est fort peu représenté dans les musées français (Nantes, Marmottan). Le musée des Augustins avait présenté en 2012 l'exposition Corps et Ombres où les peintres caravagesques hollandais étaient à l'honneur pour la première fois en France, dont deux peintures de Baburen.
 
 

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