LAURENS, Jean-Paul

Mort de Caton d'Utique

Mort de Caton d'Utique
Date : 1863
Désignation : tableau
Domaine : Peinture
Matière : Toile
Technique : Peinture à l'huile
Dimensions (cm) : Largeur : 204 Hauteur : 158
Situation : Exposé
Salle : salon rouge
Numéro d'inventaire : RO 147
La mort de Caton d’Utique fait partie des sujets romains d’une étrange violence qui témoignent d’une quête de style et d’un souci prononcé de s’inscrire dans la tradition de la «Grande Peinture». L’oeuvre fut la première exposée par Jean-Paul Laurens au Salon en 1863. Ce thème était un choix fort opportun pour un artiste désireux de forcer la porte du Salon et de s’attirer les faveurs du jury : il lui permettait de se mesurer à, d’illustres maîtres du passé, tout en exécutant une oeuvre qui, sur le plan formel ou idéologique, avait toutes les chances de ne pas heurter des artistes dont la sévérité, en cette année 1863, allait demeurer célèbre. Caton d’Utique était un célèbre stoïcien qui, sachant sa cause perdue, se suicida en se plantant une épée dans le coeur, après avoir relu le «Phédon» de Platon, dont quelques pages sont posées sur un meuble, à droite de la composition. Dans cette première oeuvre exposée, divers traits du style et des intentions de Jean-Paul Laurens apparaissent déjà de manière caractéristique : dans son traitement de l’histoire, le peintre retient l’instant le plus tragique, celui où le destin individuel bascule ; rien ne vient distraire le spectateur de ce moment fatal, l’instant précis où Caton plonge l’épée dans son coeur. Aucun personnage secondaire, aucun élément visuel ne nous détourne de cet acte suprême du célèbre stoïcien. La scène est traitée avec une grande économie de moyens, dans des camaïeux de bruns et de gris, à peine rompus par le blanc du vêtement qui couvre l’épaule de Caton. La lumière, provenant d’une lampe à huile placée derrière lui, renforce le caractère dramatique de la scène, plongée dans la pénombre. Perçue comme un instantané photographique - qui exclut toute longueur narrative et tout développement inutile - l’image paraît concentrée sur elle-même, dans une composition qui ne laisse aucune place à l’anecdote.

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