LAURENS, Jean-Paul

Saint Jean Chrysostome et l'Impératrice Eudoxie

Saint Jean Chrysostome et l'Impératrice Eudoxie
Date : 1893
Désignation : tableau
Domaine : Peinture
Matière : Toile
Technique : Peinture à l'huile
Dimensions (cm) : Largeur : 163,5 Hauteur : 131
Situation : Exposé
Salle : Salon rouge
Numéro d'inventaire : 2004 1 156

Patriarche de Constantinople, capitale de l’empire d’Orient, Jean, à qui son talent oratoire avait valu le surnom de Chrysostome, continua à vivre comme le simple moine qu’il avait été jusque là. Il critiqua la conduite de l’impératrice Eudoxie, femme ambitieuse, qui aimait les fastes et les plaisirs, et favorisait l’arianisme. Eudoxie n’eut de cesse de parvenir à le faire exiler, après l’avoir persécuté. Mais la mort de l’impératrice, survenue peu après, apparut comme un châtiment divin. Jean mourut en 407, laissant une œuvre oratoire considérable, et fut proclamé Saint et Père de l’église d’Orient. Les sources dont s’inspire Jean-Paul Laurens pour cette toile sont un ouvrage paru en 1872, «Récit de l’histoire romaine au Ve siècle, saint Jean Chrysostome et l’impératrice Eudoxie» et «La société chrétienne en Orient» d’Amédée Thierry, frère du grand Augustin Thierry, dont il avait illustré peu de temps auparavant les «Récits des temps mérovingiens». Alors que les autres personnages écoutent et regardent le prédicateur, l’orgueilleuse Eudoxie est figurée debout, immobile et imperturbable face à l’agitation de Jean Chrysostome. Elle ne le gratifie même pas d’un regard, et porte ses yeux bien au-delà du personnage qui l’interpelle depuis sa chaire. La composition de Jean-Paul Laurens, très contrastée, est fondée sur un jeu d’obliques contraires, et cadrée comme un gros plan photographique qui ne laisse pas apparaître le sol de l’église. Elle oppose la rudesse du saint haranguant l’impératrice de sa chaire en bois, et le luxe de la tribune où celle-ci se tient, impassible. Les deux personnages, insérés dans une composition centrée autour du poing tendu de Jean, traduisent une vision intemporelle de l’affrontement de l’Église et de l’État. La relative modestie du format, le dépouillement du tableau, centré autour du bras tendu de Jean, les doigts crispés par la colère, renforcent encore la signification de cet affrontement.

Œuvres du même auteur

Saut vers haut de page