Les livres d’heures

Ce sont des recueils de textes religieux destinés aux laïcs, pour les assister dans leurs pratiques de dévotion privée.

Les livres d’heures ont été très répandus à la fin du Moyen Âge et au XVIème siècle. Toute personne ayant un peu de moyens en possédait un.

Ces livres, en général de petite taille, accompagnaient les croyants dans leur vie quotidienne. Dans les monastères, les moines devaient prier aux huit heures canoniales selon la règle instaurée par l’Église.

Cependant, tout le monde pouvait en faire de même, en se reportant aux prières contenues dans les livres d’heures pour chaque heure canoniale, huit fois dans une journée, de matines à complies. De cette pratique vient le nom de « livre d’heures ».

Selon leur milieu social et leurs possibilités financières, les commanditaires choisissaient des manuscrits plus ou moins individualisés, contenant leurs prières de prédilection et des illustrations plus ou moins riches et nombreuses. Beaucoup se faisaient représenter en prière devant la Vierge, accompagnés de leurs armoiries, ce qui nous permet souvent de les identifier.


Attention, les spécialistes des manuscrits ne comptent pas en nombre de pages mais en nombre de folios ; un folio recto verso = 2 pages ; donc f. 1 et f.1 v = p. 1 et p. 2 dans un livre moderne.

Le livre d’heures contient une suite de textes, dont les plus fréquents sont :

Le calendrier : KL (f. 2)

Il comprend traditionnellement 12 mois avec indication à chaque date des fêtes communes à tous les chrétiens ainsi que des fêtes réservées aux saints locaux. À chaque mois correspondent en illustration les signes du zodiaque ou les travaux des mois, parfois les deux comme ici.

La présence de saints locaux dans le calendrier (comme dans les litanies) permet d’identifier l’usage liturgique pour lequel l’ouvrage a été prévu.

Si nous trouvons des saints de Troyes, il y a des chances que le manuscrit ait été conçu à l’usage de cette région, pour un commanditaire local.

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Les livres d’heures

Les Évangiles (f. 15)

Des extraits des quatre Évangiles sont cités en fonction du choix du commanditaire. 
Les Évangiles de Jean, Marc, Luc et Mathieu relatent la vie du Christ dans le Nouveau Testament.

Les Heures de la Vierge (f. 21)

Appelées aussi Heures de Notre-Dame, ce sont des louanges chantées à la Vierge, auxquelles il faut ajouter des psaumes et des extraits de la Bible. 
Ces textes sont en général illustrés par les thèmes de la vie de la Vierge et de l’Enfance du Christ, alors très populaires. Chaque illustration correspond  à une heure canoniale et donc à un office.

À chaque heure canoniale correspond un office, composé d’une hymne et de psaumes, d’une courte lecture et pour finir d’une prière. Certaines parties sont chantées.

Les Heures de la Croix (illustrées par la Crucifixion, f. 90), ou encore Les Heures du Saint-Esprit (f. 94) peuvent suivre ces Heures de la Vierge.


Les psaumes de la pénitence (f. 99) intégrés à l’Ancien Testament, étaient pour la plupart attribués au roi David.  Au nombre de 150, ils n’étaient pas tous cités.  Les plus fréquents sont  lus pour louer Dieu et implorer son pardon.

L’office des morts (f. 116)

Il ne faut pas le confondre avec la messe des morts qui se trouve dans les missels utilisés par les prêtres. Il s’agit ici de prières que chacun adresse à Dieu ou à la Vierge pour le pardon de ses péchés et le salut de son âme. On le lisait aussi lors des veillées funèbres.

Les litanies ou suffrages des saints (f. 164)

Ce sont des prières adressées aux saints dans un ordre hiérarchique précis avec en premier lieu la Trinité, puis la Vierge. Viennent ensuite les archanges (Gabriel), Jean Baptiste, les apôtres, les saints vénérés par toute l’Église et enfin les saints locaux.

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