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La population des ermites diminue lentement, mais sûrement : de près de deux cents aux XIVe et XVe siècles, ils ne sont plus que cent quarante en 1518, soixante en 1649 et trente-et-un en 1680 pour être réduits à quelques unités au moment de la Révolution. Dans le même temps, les ressources conventuelles s'amenuisent et l'équilibre est difficile à trouver avec l'amélioration des conditions de vie et les besoins périodiques de remise en ordre d'une maison où l'on semblait souvent enclin à oublier la Règle et la morale, l'activité séculière et universitaire favorisant des écarts qui alimentèrent parfois les chroniques judiciaires de Toulouse.
De surcroît, dès le milieu du XVIe siècle, plusieurs événements précipitèrent le déclin du couvent : en 1542, il est victime d'un pillage systématique de la bibliothèque, des archives, de la quasi totalité du linge, des objets liturgiques et mobiliers précieux, des titres et des espèces. L'excommunication des pillards et de leurs complices, obtenue par les moines, ne permit ni l'arrestation des brigands, ni la restitution des biens volés... Huit ans plus tard, le 14 septembre 1550, jour de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, la foudre s'abattit sur le clocher dont la flèche et les étages supérieurs furent détruits. Avec les dégâts alentour, l'ensemble des pertes était évalué à 5 000 livres. Les difficultés financières et matérielles étaient telles que l'on dut renoncer à une reconstruction : le clocher fut amputé d'un étage et demi. Par chance, les guerres de religion préservèrent le couvent : les ermites et leurs prieurs eurent la prudence de se placer sous la protection de l'église catholique et romaine et de la monarchie française, en accueillant, en 1565, le roi Charles IX lors d'une session des états du Languedoc réunie dans le grand réfectoire du couvent.
Il reste un des endroits privilégiés du couvent et apporte, avec sa pointe d'archaïsme renaissant, un italianisme discret qui renforce son charme. |