Commandes religieuses  Protecteurs 


1626 marque la fin de la période romaine de Nicolas Tournier : à partir de cette date, l'artiste devient un peintre "itinérant" entre les grandes villes du Languedoc : Toulouse, Narbonne et Carcassonne, mais aussi Béziers et Montpellier. Si les tableaux religieux pour Narbonne et Toulouse constituent son activité principale, il n'abandonne pas pour autant le domaine des scènes de genre caravagesques, reprenant les thèmes romains pour des commandes de particuliers (voir par exemple le David de Varsovie). Il travaille également sur le thème des Concerts ; un de ces tableaux pourrait d'ailleurs représenter la famille de son protecteur Bernard de Reich, seigneur de Pennautier. Mais pendant les années 1632-1638, il se libère de l'asservissement à un genre pour affronter des compositions complexes et élargir le champ de ses références, ce dont témoignent les scènes de la Passion (le Christ en croix de Narbonne, le Christ descendu de la croix et le Christ mis au tombeau du musée des Augustins), le Tobie et l'ange de Narbonne et la Bataille des roches rouges (musée des Augustins).


Le peintre tend de plus en plus vers la stylisation des formes, l'épure du dessin, à la quête d'un univers figé et pétrifié. L'austérité qui ressort de ses tableaux religieux a peut-être un lien avec la culture protestante de l'artiste, à moins que ce choix d'intériorité, d'émotion retenue ne soit une réminiscence de l'art médiéval français.
Sa tendance à l'abstraction, son art à la fois poétique et réaliste, empreint d'humanité, font de lui une des personnalités les plus singulières et les plus attachantes de son temps.

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