Les sources restent très lacunaires sur la vie de Tournier et presque inexistantes pour ses premières années. Descendant d'une famille d'artistes originaires de Besançon et installés à Montbéliard, enclave luthérienne appartenant au duc de Wurtemberg, il reçut sa première formation de son père, André Tournier qui était un peintre de tradition maniériste nordique.
Il quitta sans doute Montbéliard assez jeune pour parachever sa formation. Ses voyages possibles entre 1610 et 1618 (Rome, Languedoc ?) n'ont pas laissé de traces. Il est mentionné à Rome de 1619 à 1626. Toutefois, des copies très fidèles de compositions du peintre Bartolomeo Manfredi ont été attribuées à Tournier et permettent d'avancer l'hypothèse d'un séjour à Rome bien avant la date de 1619 et d'un apprentissage dans l'atelier de ce maître, l'un des principaux représentants du caravagisme.
Pendant son apprentissage, Nicolas Tournier ne fut employé qu'à copier des compositions du maître qui étaient ensuite vendues sous le nom de ce dernier, attribution qui s'est souvent maintenue jusqu'au XXe siècle. C'est le cas de la Réunion de buveurs du Mans qui reprend un tableau de Manfredi conservé dans une galerie de Londres ou du Buveur à la fiasque et du Buveur levant son verre de Modène. Le jeune Tournier laisse toutefois percer sa personnalité dans l'attitude figée et rêveuse de ses personnages. Cet anonymat de l'exécutant n'est pas étonnant car l'apprenti, le servitore, était au service de son maître et ne jouissait d'aucune autonomie.
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