Le néoclassicisme à Toulouse : Bernard Lange
Les années 1750-1800 sont marquées par l'émergence du mouvement néoclassique, apparu avant la Révolution française, qui, pour la sculpture, ne s'achève qu'au milieu du XIXe siècle. Dominé en Europe par Canova, le néoclassicisme est ici représenté par l'uvre de Bernard Lange, un élève de François Lucas. Après l'obtention du prix d'anatomie et de sculpture, Lange partit pour Rome où la découverte des antiques le marqua durablement. Il y séjourna pendant seize ans, accueillant d'autres artistes, souvent d'origine toulousaine comme le sculpteur Vigan ou le peintre Joseph Roques. Après son retour à Paris, il travailla régulièrement comme restaurateur des collections antiques du muséum central au Louvre. On lui doit notamment une première restauration de la Vénus de Milo dont il offrit un moulage (aujourd'hui disparu) à la Ville de Toulouse.
Fidèle à sa ville natale, il y envoya régulièrement des maquettes de ses monuments ou des copies réinterprétées d'antiques tel le Jupiter-Soleil. Les deux versions de L'Amour et l'Amitié ainsi que Philopoemen à Sellasie témoignent également de ce goût pour l'Antique. En 1826, il exécuta les deux monuments funéraires dédiés à la mémoire de François Lucas et Virebent (tous les deux à l'église Saint-Jérôme). Dans le domaine de la sculpture décorative, il collabora au chantier du Louvre (L'Egypte montre le Colosse de Memnon et La Grèce montre l'Apollon pythien aux côtés des principaux sculpteurs néoclassiques français, Cartellier, Lemot et Chaudet.
|