Un nouveau classicisme
Le mouvement néoclassique qui s'appuie largement sur les ouvrages théoriques de Johann Joachim Winckelmann (1717-1768), l'un des plus grands archéologues et théoriciens du XVIIIe siècle, impose la sculpture antique comme idéal artistique (le musée possède un buste de cet historien par Deseine, exposé au 1er étage de l'aile Darcy). Les plus importants sculpteurs de l'époque font le voyage de Rome afin d'y puiser l'inspiration, au plus près des modèles de l'Antiquité. Le Méléagre de Scheffauer, sculpté à Rome et envoyé comme morceau de réception à l'Académie de Toulouse, en est un bel exemple, combinaison du Méléagre du Vatican et de l'Antinoüs du Capitole. De nouveaux thèmes font leur apparition : Bélisaire (Houdon et Moitte), Socrate, Homère ou Ossian sont souvent repris, tant par les peintres que les sculpteurs. A côté de la sculpture d'inspiration mythologique, l'allégorie demeure très prisée, notamment dans le domaine de la sculpture commémorative, issue le plus souvent de la commande publique.
La Minerve protégeant la France de Romagnési, sculpteur d'origine italienne, en est une parfaite illustration : le plâtre original, exposé au Salon de 1812, représentait Minerve protégeant l'enfance du roi de Rome (auj. au Metropolitan Museum de New York). La chute de l'Empire conduisit le sculpteur à transformer l'uvre, dont le marbre avait été fourni par l'état, en une ronde-bosse célébrant la France couronnée, symbole de la Restauration des Bourbons.
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