Le portrait
Au XIXe siècle, rares sont les artistes à ne pas avoir pratiqué l'art du portrait qui connaît, comme le paysage, une faveur nouvelle. Cette multiplication des portraits apparaît moins comme l'expression d'un désir d'introspection, que comme une manifestation ostentatoire où l'image de soi joue un rôle éminemment social. De surcroît, la pratique du portrait permet une source de revenus régulière : elle est le fait d'artistes qui parfois s'en font une spécialité, tels Ricard ou Benjamin-Constant. L'avènement de la photographie à partir de 1840 en bouleversa les pratiques qui, en un demi-siècle de relations souvent tumultueuses entre photographie et peinture, évoluèrent de concert. Jusqu'à la fin du siècle, une clientèle mondaine et bourgeoise reste fidèle au portrait peint : à l'instar de Bonnat ou Carolus-Duran, Debat-Ponsan, Pichon, Esbens ou encore Fabre nous livrent ainsi des oeuvres dont le caractère officiel et parfois pompeux est empreint de réminiscences davidiennes ou ingresques.
Parallèlement à cette conception qui met en exergue les valeurs de la classe dominante, se dessine une tendance qui reflète les nouvelles recherches réalistes : mendiants, vieillards ou paysans accèdent à la dignité du portrait, où l'observation psychologique, parfois austère et sans concessions, prend le pas sur l'ostentation de la grande bourgeoisie (cf. Charpentier, Severac ou Rixens).
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