La peinture de genre, entre réalisme et fantastique
La peinture de genre recouvre au XIXe siècle une démarche artistique très variée, impossible à enfermer dans une définition précise. De plus, la séparation entre peinture d'histoire et peinture de genre s'amenuise : l'anecdote envahit l'Histoire, alors que les oeuvres de genre prétendent à la dignité de l'Histoire. Sont réunis ici - autour de l'étonnante Scène de naufrage de Latil qui, dans son poignant désespoir, illustre cette ambition nouvelle - quelques tableaux de petits maîtres d'inspirations diverses qui complètent les collections déjà exposées au Salon rouge.
Une Scène de forge, thème qui renvoie à la mythologie classique, est ici traitée par Bonvin sur un mode réaliste et rétrospectif, interrogeant les thèmes de la tradition tout en les renouvelant : l'avènement de la société industrielle et ses progrès techniques condamnaient à brève échéance ces travaux artisanaux. Le portrait d'un humble Marchand d'allumettes par Lacger montre l'intérêt que les artistes portent à des classes sociales jusqu'alors exclues du monde de l'art, initiant ainsi un mouvement durable. Ces exigences de réalisme n'occultent pas l'imagination, voire le fantastique : la Sorcière de Brascassat en est un bon exemple, fortement influencée par la peinture du XVIIe siècle hollandais que l'on redécouvrait.
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