Mythologies
Les années 1760 voient naître chez les artistes un nouvel intérêt pour les antiquités grecques et romaines, à la faveur des découvertes archéologiques de Pompéi et d'Herculanum et de la diffusion des théories néoclassiques de l'écrivain allemand Winckelmann. Cette tendance se traduit par un courant antiquisant qui, dès la fin du XVIIIe siècle, conduit les peintres à reconstituer costumes et décors antiques avec une fidélité croissante.
Le néoclassicisme de Vien, maître de Taillasson, est symptomatique de l'intrusion de la sensualité et de l'hédonisme dans les sujets abordés : les scènes mythologiques sont souvent prétexte à la représentation du nu, évoqué avec préciosité et raffinement (cf. L'Amour fuyant l'esclavage du musée des Augustins). Bien que, au début de XIXe siècle, avec l'Empire, le genre mythologique cédât le pas à l'évocation de l'histoire contemporaine, l'Académie des Beaux-Arts et l'enseignement des arts restèrent profondément épris de culture gréco-latine - les sujets des prix de Rome en témoignent. La littérature antique, magnifiée par Ingres dans l'Apothéose d'Homère, peint pour le plafond de la salle Clarac au Louvre, demeure une source d'inspiration féconde qui attire autant les romantiques que les classiques tel Abel de Pujol, élève de David et Prix de Rome en 1810, dont le sujet des Propoétides changées en rochers est emprunté aux Métamorphoses d'Ovide.
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