Gros, de l'Oeuvre à la légende
Bien qu'ancien élève de David - il entre dans l'atelier du maître à quinze ans - le futur baron Gros, avec Gérard, Girodet ou Guérin, est l'un des précurseurs majeurs du mouvement romantique, très admiré par Géricault et Delacroix. Devenu le protégé de Napoléon par l'entremise de Joséphine de Beauharnais dont il laisse un beau portrait (Louvre), il est le peintre attitré de l'épopée impériale. Lors de la chute de l'Empire et l'exil de David à Bruxelles, Gros reprend l'atelier de son maître dont il essaye de perpétuer l'enseignement. Commence alors pour Gros une période difficile : son art s'étiole, alors même que l'histoire contemporaine ne lui apporte plus le souffle nécessaire à ses grandes compositions. L'influence de David est surtout perceptible dans ses portraits, tel celui de son épouse Augustine Dufresne (1822). L'Hercule et Diomède exposé au Salon rouge du musée des Augustins apparaît comme une ultime - et vaine - tentative de faire revivre l'âge néoclassique.
S'il est auréolé de gloire de son vivant, Gros accède au mythe après son décès : son suicide à Meudon en 1835 génère un immense mouvement de sympathie, et nombreux sont les artistes à lui rendre hommage. Ainsi Bordier du Bignon (Gros s'élançant dans l'éternité) représente le moment fatidique et chargé d'émotion où le peintre se jette dans la Seine, écho du suicide de Sapho peint par Gros et aujourd'hui conservé au musée de Bayeux.
Louise Sarazin de Belmont réalise une série de quatre tableaux à sa mémoire, dont le plus touchant est peut-être Paris, vu des hauteurs du Père-Lachaise, où le tombeau de son regretté ami apparaît au premier plan.
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