Gros, de l'Oeuvre à la légende  Mythologies 

L'Histoire et sa mise en scène

La peinture d'histoire, longtemps considérée comme genre majeur, voit sa position prédominante dans la hiérarchie des arts de plus en plus menacée au cours du XIXe siècle. Le "grand genre", sous l'influence d'artistes romantiques comme Delaroche ou avant lui, les peintres dits "troubadours", évolue vers le "genre historique", nouveau terme entériné par la critique lors du Salon de 1833. Les artistes ne retiennent plus uniquement dans leur évocation de l'histoire son aspect héroïque, mais portent l'accent sur des moments clefs, souvent chargés d'émotion. Désormais, les artistes insufflent dans les sujets historiques plus d'intimité, de sentimentalité et de couleur locale. Ce goût pour l'anecdote s'observe également dans la littérature où, à la suite de Walter Scott dont les ouvrages sont traduits en français dès 1816, historiens et romanciers s'attachent à narrer des événements secondaires autrefois négligés.



L'histoire de France, à l'époque même où se constitue la discipline historique, la vie des artistes célèbres fournissent ainsi un répertoire inépuisable de petits sujets dans lesquels s'illustrent peintres de renom et petits-maîtres. Cette peinture, qualifié par Vivant Denon de " badinage du genre héroïque", contribua à abolir les démarcations rigides imposées par l'Académie.

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