Né en Italie au XVIe siècle, le maniérisme se développe en réaction à l'idéal d'harmonie de la Renaissance. Cette expression stylistique, qui se poursuit dans les premières années du XVIIe siècle, se caractérise essentiellement par des scènes originales et animées où se mêlent le drame et la fantaisie, traitées dans des coloris souvent clairs et acides. Les jeunes artistes y trouvent des solutions hardies pour la mise en page de leurs compositions, comme en témoigne le tableau de Salviati Adam et Eve.
En France, le siècle de Louis XIV est dominé par Charles Le Brun, premier peintre du roi, auquel succède Pierre Mignard, artiste au classicisme tempéré. L'exemple de Nicolas Poussin et de Simon Vouet est alors déterminant pour des artistes tels Sébastien Bourdon ou son élève Antoine Paillet ; en Italie, l'essor du style baroque suscite un nouvel élan où les influences les plus diverses se mêlent.
Les oeuvres ici présentées témoignent de ce pluralisme des courants picturaux indissociable de la géographie et de l'histoire politique d'un pays figé dans sa division territoriale. Apparus à l'orée du XVIIe siècle, alors que le maniérisme s'épuise dans d'illusoires raffinements et que Caravage a déjà livré l'essentiel de son art (il meurt en 1610), ces mouvements se différencient par leur origine géographique : génoise et milanaise pour Carlo Francesco Nuvolone, florentine et encore marquée par le souvenir maniériste pour Francesco Curradi, romaine chez Pier Francesco Mola.
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