Dès le début du XVIIe siècle, on assiste, grâce aux travaux des académies, à une spécialisation des genres picturaux et à une floraison de recherches sur la perspective aérienne, nécessaires aux artistes désireux de restituer la sensation de grandeur des paysages. Ce champ d'expression s'élargit au XVIIIe siècle à travers deux styles distincts : le paysage urbain et le paysage recomposé d'après nature.



La vue urbaine est développée en Italie surtout par Gaspar Van Wittel, surnommé Vanvitelli. Son influence se répand si fortement à Venise qu'une école s'y forme à sa suite avec le grand maître Antonio Canal, dit Canaletto (1720-1780). La perspective, conçue quasi scientifiquement avec l'aide de la camera optica, et l'insertion de petits personnages alignés suivant la même vision optique, caractérisent ces paysages.

Parallèlement, les artistes construisent de véritables scènes en y insérant des éléments d'architecture, particulièrement sous forme de ruines antiques, donnant à la nature une dimension poétique que théorisera Diderot dans ses Salons, commentant l'oeuvre d'Hubert Robert ou de Joseph Vernet.



Rome, sa campagne et ses ruines, au pittoresque si expressif, inspira aux peintres du XVIIIe ce style de paysage composé.