Grand et petit genre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle
On a souvent décrit l'histoire de la peinture en France comme celle
d'une évolution inexorable vers le néoclassicisme
à partir de 1760-1770. La situation est plus complexe. Les différents
surintendants des Bâtiments encouragent de manière volontariste une
peinture d'histoire en phase avec l'esprit du temps en Europe, en particulier
avec d'Angivillier, en poste de 1774 à 1789. Cette domination sans
partage de l'histoire produit l'effet inverse : des peintres de genre ou
des portraitistes se font peintres d'histoire avec un certain succès
public. Dans certains cas, le tableau d'histoire se mue en une uvre sentimentale
et affectée qui n'a rien à voir avec l'austérité
désirée en haut lieu. Les Salons deviennent une institution
où les morceaux de réception sont présentés immédiatement
et commentés avec passion. Ce nouveau lieu de débat encourage
la diversité des styles. L'Enlèvement de Déjanire
par le centaure Nessus de Lagrenée l'Aîné montre à
quel point l'exemple de la peinture italienne du XVIIe siècle reste
vivace en 1755. La peinture d'histoire est représentée avec
des morceaux de reception comme Hector exposé sur les rives du
Scamandre de Deshays
ou Philémon et Baucis donnant l'hospitalité à Jupiter
et Mercure de Jean Baptiste Restout
dont le musée des Augustins conserve l'esquisse.
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