Les débuts mouvementés de l'académie de peinture 1648-1663
Au début du XVIIe siècle, la plupart des peintres
faisaient partie de la Maîtrise,
structure corporative de type médiéval. Les peintres travaillant
à la cour et les artistes étrangers y échappaient en
grande partie. Soucieux de préserver leurs privilèges, les
membres de la Maîtrise voulaient limiter le nombre de ces exceptions. Un
groupe d'artistes, parmi lesquels figure le jeune Le Brun, réagit
face aux prétentions des Maîtres. La requête adressée
par le conseiller Martin de Charmois au Conseil du Roi le 20 janvier 1648
est le véritable acte de fondation de l'Académie qui se réunit
pour la première fois le 1er février de la même
année. Sur le modèle des
académies italiennes, les académiciens veulent affirmer
la noblesse de la peinture face aux pratiques artisanales des Maîtres.
La protection royale devient de plus en plus visible à la suite de
l'installation de l'Académie au Louvre en 1656 puis du choix de Colbert
comme vice-protecteur en 1661. Les privilèges de l'Académie
sont confirmés en 1663, date de la rédaction de nouveaux statuts,
et tous les peintres au service de la cour sont désormais contraints
de devenir académiciens.
L'enseignement académique était essentiellement théorique.
Outre le monopole du modèle vivant, sa vraie originalité résidait
dans l'instauration d'un ambitieux programme de conférences sur l'art.
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