1630-1650 

L'héritage des Carrache et du Caravage


Tandis que la culture maniériste s'épuisait en des sujets complexes au point d'en être incompréhensibles, un goût pour un réalisme plus direct et rustique s'épanouissait en Lombardie et en Emilie. Annibal Carrache avec son Mangeur de fèves ou sa Boucherie était parfaitement dans l'air du temps des années 1590 tout comme le Caravage avec ses natures mortes. Le concile de Trente appelait de ses voeux une peinture militante qui devait être à la fois spectaculaire et intelligible à tous. Ce réalisme n'était pas une fin en soi mais une étape dans la quête d'une expression plus juste et plus harmonieuse.


Le Caravage refusait de faire école et le phénomène européen que l'on a appelé caravagisme résulte de la vogue de ses sujets de prédilection repris par des disciples après par sa mort. L'un d'eux, Antiveduto Gramatica, témoigne de la force de cette influence dans un tableau inédit, grande découverte de l'exposition : La Sainte Famille au dévidoir. Les jeux d'ombre et de lumière, les échanges de regards ont toutefois influencé des peintres éloignés de l'esthétique caravagesque comme Guido Reni ou Guerchin. Les Carrache (Annibal et ses cousins) fondaient, de leur côté, une académie à Bologne et ambitionnaient de rénover la peinture d'histoire italienne. Le rayonnement de cette académie et de ses élèves actifs à Bologne et dans toute l'Italie permet de considérer qu'ils y sont parvenus.

 1630-1650