Chapelle de la Congrégation Notre-Dame de Paris 

Le décor de la chapelle de la Congrégation des Nobles


Lubin Baugin habitant près de la Maison professe des Jésuites, il semble lier des rapports privilégiés avec l'ordre entre 1647 et 1651 en particulier. Couvent dans lequel les membres de l'ordre ont fait profession de leur foi, on y trouve des pères fort importants, confesseurs des rois, de grands théologiens et scientifiques. Dès le début du XVIIe siècle, cette Maison professe fut un établissement d'envergure, lié à la monarchie et qui accueillit un premier cénotaphe du coeur d'Henri IV. Dès 1625, des agrandissements s'imposèrent. Ainsi, Louis XIII vint poser la première pierre de la première église jésuite de France le 7 mars 1627 dans laquelle on célébra la première messe en mai 1641. Elle accueillit en 1643 le coeur de Louis XIII déposé par Anne d'Autriche et pour lequel fut réalisé un monument. La Compagnie apporta un très grand soin à l'ensemble des programmes décoratifs tant en signe de reconnaissance de l'importance accordée à leur établissement qu'en tant que vecteur du discours spirituel. Les oeuvres de Simon Vouet (dont la Présentation au temple conservée au musée du Louvre), Philippe de Champaigne (dont La Vierge intercédant en faveur des âmes du Purgatoire est au musée des Augustins), de Claude Vignon venaient orner le maître-autel.


C'est donc une commande particulièrement prestigieuse que reçut Lubin Baugin pour le décor de la chapelle de la Congrégation des Nobles. Sorte de confrérie de nobles réunie en groupement spirituel, elle se retrouvait pour méditer à la Maison professe. Les Jésuites, reprenant la tradition médiévale, lui réservèrent la dévotion envers la Vierge. Le programme du décor de la chapelle disparue depuis était constitué de douze tableaux de la main de Baugin placés sur les parois latérales de la chapelle ; seize petits tableaux formaient un frise en partie haute. Comme l'indique Jacques Thuillier, "la douceur élégante de son art, la clarté subtile qui illumine ses toiles sans en chasser le mystère s'accordaient merveilleusement à la dévotion mariale que prônaient alors les Jésuites". Parmi les oeuvres qui nous sont parvenues, il est passionnant de découvrir le tableau de la Présentation de la Vierge au temple d'Aix-en-Provence dont le musée des Beaux-Arts de Rennes conserve un dessin préparatoire ainsi qu'une esquisse peinte. Le musée Granet d'Aix-en-Provence détient aussi La Nativité de la Vierge. Deux moments dédiés à la piété mariale, La Conception de la Vierge et l'Assomption conservés à l'église de Cherré en Maine-et-Loire ont été découverts en 1967 par Pierre-Marie Auzas. Ces deux toiles sont de toute évidence des pendants dont il faut noter la rareté iconographique mais également la poésie et la délicatesse.

Chapelle de la Congrégation Notre-Dame de Paris