Chapelle de la Congrégation Notre-Dame de Paris

Les tableaux de la cathédrale

Lubin Baugin reçut très certainement non pas une seule mais une série de commandes pour la cathédrale Notre-Dame de Paris. Grâce à différents inventaires et mentions, on sait que huit toiles ornaient les chapelles principales auxquelles il faut ajouter onze compositions disposées dans des salles moins accessibles. Jacques Thuillier situe, dans l'état actuel des connaissances, entre 1645 et 1655 la période durant laquelle ces oeuvres ont été peintes. Concernant l'origine de la commande, il note qu'un chanoine de la cathédrale de Paris, Nicolas Pfaiel était un proche de l'artiste puisqu'il était le parrain de son fils Nicolas, baptisé le 28 juin 1641. Peut-être a-t-il introduit Baugin auprès de ses confrères de Notre-Dame ? Aucune archive, à l'heure actuelle, ne vient expliquer comment l'artiste a bénéficié de ces commandes et dans quelles conditions.


Seuls cinq grands tableaux ont été aujourd'hui réunis. La Vierge de Pitié, dite aussi Le Christ mort sur les genoux de la Vierge était signalé en 1763 par Gueffier à la chapelle Saint-Geoges-et-Saint-Blaise et se situe aujourd'hui dans la deuxième chapelle sur le bas-côté de gauche de Notre-Dame.
La Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste et sainte Geneviève signalé chapelle Sainte-Geneviève a été retrouvé dans la sacristie de la nouvelle église Saint-François-Xavier à Paris. Le Christ en croix, un des chefs-d'oeuvre de Baugin était placé sur les trois chapelles de Saint-Jacques, de Saint-Crépin-et-Crépinien et de Saint-Etienne réunies en une seule. Il a été localisé dans la sacristie de l'église évangélique luthérienne des Billettes à Paris sans que l'on sache comment le tableau a pu être déposé dans ce lieu. Le Martyre de saint Barthélemy suite à une saisie révolutionnaire a été envoyé au musée des Beaux-Arts de Rouen qui l'a déposé à Notre-Dame de Paris vers 1958. Dans cette oeuvre, une très belle académie d'homme fait l'essentiel de la composition. De proportions parfaites, étudiée sur nature, elle témoigne du travail de Baugin en ce domaine puisqu'il tenait une académie où il faisait poser le modèle dans l'atelier contre rénumération. Cette pratique encore rare en France sera reprise par l'Académie royale dans le cadre de son enseignement gratuit. On retrouve un grand nu également dans le tableau qui semble être un pendant au Martyre de saint-Barthélemy : Le Martyre de saint Laurent. Parmi les oeuvres qui ne sont malheureusement toujours pas localisées et qui avait été décrites en 1763 par Gueffier, signalons Sainte Marie l'Egyptienne recevant la communion des mains de saint Zonime (alors dans la chapelle de Saint-Julien-le-Pauvre et Sainte-Marie-L'Egyptienne), La Résurrection, L'Ascension. Quatre grisailles et cinq tableaux décoratifs venant s'insérer dans une armoire sont très certainement perdus pour toujours.

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