Le séjour italien
S'il est certain que Baugin se soit rendu en Italie, les dates de ce séjour, sans doute entre 1630 et 1640, restent, en l'état actuel des connaissances, hypothétiques. Son voyage a certainement été facilité par la fortune de ses parents. Nous savons seulement qu'il épouse une Romaine, Brigitte Daste, qui lui donne une fille en 1637 et un fils en 1640 tous deux nés à Rome. Les deux autres enfants de ce mariage seront baptisés à Paris.
Si aucun texte n'atteste la réalisation de telle ou telle oeuvre en Italie, Jacques Thuillier en propose six qui témoignent d'une forte influence italienne.
Les études d'après Corrège, copies de fresques de la coupole de Saint-Jean l'Évangéliste à Parme, la grande Sainte Famille avec sainte Élisabeth montrent l'intérêt de Baugin pour la peinture italienne du XVIe siècle. L'élégance de la ligne, toute en courbes, les mains allongées, les visages doux et pensifs s'inspirent en particulier de la production du Parmesan et du Corrège telle la Vierge à l'Enfant du musée Granet. La Vierge du musée des Beaux-Arts de Nancy semble davantage faire appel à Michel-Ange. Pourtant c'est à Raphaël qu'il doit surtout une grande part de ses choix artistiques : ses Vierges et ses Saintes Familles évoquent dans leur atmosphère claire et paisible, dans leur composition d'une évidente limpidité, une référence sans équivoque au grand maître de la Renaissance. Ses oeuvres peintes à son retour d'Italie en sont témoins.
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