Maniériste ou classique?  Biographie Définitions

Quelques définitions...

L'atticisme. L'expression caractérise l'art parisien des années 1640-1650. Après les élans de la peinture de Simon Vouet, toute une nouvelle génération d'artistes s'efforce à des créations rigoureuses et mesurées, plus intellectualisées mais d'une grande poésie, servies par des coloris clairs et lumineux, une touche lisse, un souci de l'exactitude archéologique. Cette maîtrise des émotions, la délicatesse des scènes se veut une référence à l'équilibre du siècle d'Auguste. Laurent de La Hyre, Eustache Le Sueur, Jacques Stella en sont les représentants les plus évidents.

Le maniérisme. Pour désigner le style de la peinture italienne et européenne entre 1520 et 1580-1600, on a pris l'habitude de parler de maniérisme. Le mot, employé dès le XVIIe siècle, n'a pas de signification péjorative. Il dérive de l'italien maniera qui signifie style. Mais il ne recouvre pas un mouvement d'un seul tenant. De 1515 à 1540 environ, l'équilibre classique se dissout progressivement. De 1540 à 1570, c'est l'apogée de l'art de cour tandis que la fin du siècle voit un dépassement de cette manière raffinée vers une approche plus dramatique. L'artiste maniériste travaille moins à partir de la nature que de modèles artistiques pour inventer un art recherché, intellectuel ; c'est moins le sujet qui suscite l'émotion que la manière de le traiter. L'art doit proposer une autre réalité, une réponse imaginaire à des questions difficiles. Les références aux oeuvres des prédécesseurs sont fréquentes. La figure maniériste se reconnaît à l'allongement de ses proportions et à ses courbes et contre-courbes. Elle y gagne en raffinement et en grâce.
À Parme, Antonio Allegri dit le Corrège (1489-1534) ne se rattache qu'en partie au maniérisme. Son art se caractérise par la douceur du modelé. L'émotion dégagée par ses oeuvres doit susciter la croyance du spectateur et bannir toute tension intellectuelle. Ses décors pour les églises et la cathédrale de sa ville développent des effets d'espaces infinis et lumineux. Francesco Mazzola dit le Parmesan (1503-1540) joue davantage sur des cadrages insolites, des personnages tout en courbes aux formes allongées, prototypes de la grâce maniériste.

La nature morte. Le terme n'apparaît en France qu'à la fin du XVIIe siècle. Auparavant on parle de "choses mortes et sans mouvement" ou de "vie silencieuse". C'est au XVIe siècle que le genre naît véritablement à part entière ; il voit son apogée au XVIIe siècle, en particulier dans les pays du Nord. Les premiers tableaux montrent des objets juxtaposés sur une table prise en perspective plongeante, se détachant sur fond sombre. Vers 1620-1640, les compositions deviennent plus complexes, les objets se superposent.
Formes et couleurs se renvoient ; la perspective tend à s'aligner avec le regard et à souligner l'aspect illusionniste. Les natures mortes à message moral ou philosophique, évoquant la fragilité humaine ou la vanité des plaisirs se développent également à partir de cette époque.
L'absence d'une tradition particulière en France a permis à la communauté flamande de Saint- Germain-des-Prés d'avoir une certaine influence. Cependant la nature morte française a été souvent pratiquée par des artistes protestants ou marqués par le jansénisme et a rapidement pris un ton plus austère et plus sobre que dans les Flandres.

Bamboche ou Bambochade. Les Bamboccianti sont les peintres de "Bamboche" ou "Bambochade", appellation venant du peintre néerlandais Pieter Van Laer. A cause de sa taille difforme, ce dernier fut surnommé Il Bamboccio (pantin) alors qu'il travaillait en Italie entre 1625 et 1639. Il créa un nouveau genre de peinture à Rome, la "bambochade" ou "bamboche", représentant des scènes de rue et de la vie populaire sur des panneaux de petits formats. Sans tomber dans la caricature, ses scènes proposent une vision nouvelle de la réalité et dépeignent la vie des petites gens dans leur quotidien mais aussi dans des moments dramatiques : scènes de marchés, de brigandages ou de beuveries. Les "bambochades" remportèrent un grand succès à Rome au XVIIe siècle et plusieurs artistes en firent leur spécialité. Parmi les Bamboccianti installés à Rome, on peut citer Jan Miel, Lingelbach, Helmbrecker. Sébastien Bourdon, à son retour d'Italie, avant de de venir le grand "peintre d'histoire", s'adonna à ce genre qui fit sa renommée à Paris où les "Bamboches" étaient encore inédites.

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