Salon Commande publique 

Exposition publique des ouvrages d'artistes vivants (sculpture, peinture, dessin, gravure, etc.), le Salon est au XIXe siècle une manifestation annuelle qui fait grand bruit et sert de vitrine à l'art du moment. Fondée à l'origine par Colbert durant le règne de Louis XIV - et réservée alors aux membres de l'Académie royale de peinture - cette institution, d'abord étatique, fonctionne aussi comme un système de reconnaissance officielle.



Déjà introduit dans le Salon sous le Second Empire, Jean-Paul Laurens privilégie alors une thématique très classique, antiquisante (La Mort de Caton d'Utique ,1863 ou La Mort de Tibère, 1864) ou religieuse (Vox in deserto, 1868), propre à répondre au goût dominant et à asseoir sa réputation.



En 1872, lors du premier Salon tenu sous la nouvelle république, il passe sur le devant de la scène avec des oeuvres plus originales (Le Pape Formose et Étienne VII et La Mort du duc d'Enghien) qui suscitent l'enthousiasme de la critique et trouvent les faveurs du public. Véritable consécration, il est plus tard grand médaillé d'honneur pour L'État-major autrichien devant le corps de Marceau (1877, Tokyo, musée d'art occidental).

Dans les années 1880, la responsabilité et l'organisation du Salon sont transférées aux artistes eux-mêmes. Membre fondateur de la Société des artistes français créée en 1882, il participe à l'organisation des Salons et y expose très régulièrement ses oeuvres, jusqu'aux toutes dernières (Les Mineurs, 1904 ou Le Désastre, 1905), où sa manière renouvelée est encore appréciée. Mais cette institution unique est désormais concurrencée et sa légitimité contestée. S'appuyant sur les exemples du Salon des Refusés (1863) et de l'exposition privée des Impressionnistes en 1874, dans l'atelier de Nadar, qui avaient ouvert une brèche dans le monolithisme de l'appareil d'état, en 1884, est créée la Société des artistes indépendants (1884) qui tient un Salon chaque année.

Le Salon a longtemps semblé incarner le partage qui fonde l'historiographie de la modernité en art  : de son côté, l'art officiel, académique, " pompier " ; hors du Salon, les artistes novateurs qui bâtissent une oeuvre en rupture. Les dernières analyses concernant l'art du XIXe siècle laissent pourtant voir une réalité plus nuancée et des distinctions moins manichéennes.

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