Élément clef de la peinture d'histoire, la scène significative met en image un savoir sur des institutions, des sociétés et des moeurs anciennes. Elle condense le sens général d'une période et résume les caractéristiques d'une civilisation. Exhaussant le fait divers au rang de l'événement historique, Jean-Paul Laurens parvient à donner à l'épisode illustré la puissance d'expression d'une inscription lapidaire. Mettant en scène le personnage historique, il excelle à faire revivre toute une époque au travers d'une seule figure, comme l'empire d'Orient avec Saint Jean Chrysostome et l'impératrice Eudoxie (1893).
Ces scènes servent de support aux enseignements philosophiques et moraux de l'histoire parce qu'elles reproduisent des actes et des gestes remarquables. La représentation privilégie souvent une illustration des idéaux affrontés et des passions humaines qui s'opposent : l'expression des plus nobles sentiments y fait pendant à la force brutale et aux puissances de destruction.
Véritable scène d'édification mais traitée avec une remarquable économie de moyens, Les Derniers moments de Maximilien, empereur du Mexique (1882) révèle la force d'âme de l'archiduc d'Autriche, juste avant son exécution. Semblant donner à voir des vertus et des préceptes, l'anecdote peut ainsi être mise au service de la parabole dessinée. Dans La Mort de Marceau (1877), l'état-major autrichien qui s'incline devant le général républicain rend surtout hommage à la Loyauté et au Courage, ainsi proposés à la méditation du spectateur.
Par le biais des commandes publiques, c'est plus directement encore que Laurens contribue à fournir au régime républicain son corpus iconographique. Il n'est que de mentionner les épisodes retenus pour les décors de l'hôtel de ville de Paris : Étienne Marcel et les libertés communales, Anne du Bourg et la condamnation de l'intolérance religieuse, etc... Imagerie plus conflictuelle, même sainte Geneviève, patronne de Paris, est transfigurée par Laurens en protectrice laïque de la capitale.
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