La technique de Laurens est aussi variée que le furent les supports auxquels il travailla. Sa maîtrise des moyens traditionnels de la peinture, remarquable, frappe d'abord par sa faculté d'adaptation au support. Peintre et décorateur mural, il développe de nouveaux procédés techniques. Le Lauraguais (1897), peint au premier étage du Capitole de Toulouse, est ainsi exécuté librement, semblable à une large aquarelle, selon un procédé de peinture à la détrempe qui laisse visible, à travers les tons, les indications au fusain du croquis primitif.
Son oeuvre d'illustrateur le montre aussi bon dessinateur, même si le recours à la peinture reste comme une obligation pour ce peintre-né, qui retravaille à l'huile certaines des études pour les Récits des temps mérovingiens.
Ces compositions gravées à l'eau forte pour une réédition du Faust de Goethe (1885), de Souvenirs de grandeur militaire ou la Canne de jonc (1898) d'Alfred de Vigny, du Pape de Victor Hugo, ou de l'Imitation de Jésus-Christ (1878) attestent d'une science de la mise en page qui parvient à faire paraître monumentale une oeuvre de petit format.
Laurens fournit également de nombreux cartons de tapisserie à la Manufacture des Gobelins : là également, il semble composer son carton en fonction même des impératifs techniques de la tapisserie, privilégiant les aplats sur les demi-teintes, et saturant l'espace d'éléments décoratifs.
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