Scènes significatives Drame historique Moyens techniques 

Jean-Paul Laurens apparaît sans aucun doute comme un peintre de tempérament dramatique. Il aime l'histoire, surtout quand elle raconte un fait émouvant et qu'elle prend les allures du drame. Ne représentant que peu de scènes d'action ou de mouvement, il privilégie plutôt les instants figés où l'effroi se découvre, où l'étendue du désastre s'expose.



Le sens du moment décisif l'amène à réussir les compositions où se noue la tragédie historique. C'est ce qui s'exprime de façon frappante dans un tableau comme L'Excommunication de Robert le Pieux (1875) au point que certains critiquèrent l'impression d'assister au décalque d'une pièce de théâtre, avec tous les effets d'un dénouement de dernier acte. La saisie de l'image choc est un autre point fort. Elle s'affirme avec François Borgia devant le cercueil d'Isabelle de Portugal (1876), quand la contemplation de la dépouille, déjà corrompue, d'une souveraine réputée pour sa beauté frappe le futur saint au point de renoncer au monde.

Mais ce goût pour les sujets sombres peut aller à l'occasion jusqu'au macabre. Le peintre est connu en son temps pour savoir exhumer de " très belles horreurs ", dont Le Pape Formose et Étienne VII (1872) donne le plus bel exemple. Purement anecdotique, ce tableau illustre le procès instruit par un pontife du haut Moyen Âge au cadavre de son prédécesseur, replacé pour l'occasion sur le trône romain. Le traitement en fait un exemple de réalisme morbide.

 Scènes significatives Drame historique Moyens techniques