Selon une hiérarchie académique instituée dès l'époque moderne, le Grand Genre recouvre les domaines les plus nobles de la peinture : la peinture d'histoire, religieuse ou mythologique. L'artiste se doit d'être humaniste autant que peintre. Ce goût pour la peinture d'histoire reste vif durant tout le XIXe siècle, ainsi qu'en attestent les fresques, alors fameuses, réalisées par Paul Delaroche pour décorer l'école des Beaux-arts de Paris (1841) ou encore la notoriété d'artistes contemporains de Laurens tels Jean-Léon Gérôme, Luc-Olivier Merson, Fernand Cormon ou Charles-Évariste Luminais. La pratique de la peinture d'histoire est privilégiée dans l'enseignement artistique, et fait l'objet d'un concours célèbre, le Prix de Rome.
Illustrées longtemps dans le goût néoclassique par les scènes de l'antiquité gréco-romaine, ses sources d'inspiration se renouvellent par le recours au pittoresque, voire à l'exotique, au travers de motifs fournis par les civilisations de l'Orient, de Byzance (Honorius) du Moyen Âge occidental, etc. Recherchant le sentiment et l'effet dramatique, elle se rapproche aussi de la peinture de genre, délaissant de plus en plus la grande histoire au profit des anecdotes historiques.
Derniers feux d'un âge d'or, l'époque voit aussi la crise puis l'épuisement de ce type d'art, parfois sclérosé par une figuration compassée, en partie dépassé par l'essor des sujets, plus libres et mieux appréciés, de la peinture de genre ou de paysage. Dans ce contexte, Jean-Paul Laurens apparaît comme l'un des derniers à avoir tenté de l'illustrer tout au long de son oeuvre et d'en prolonger de façon convaincante les moyens d'expression.
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