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Recherchant constamment ses sujets dans l'histoire, Jean-Paul Laurens peut à bon droit être considéré comme l'un des principaux peintres français pratiquant le " Grand genre" à la fin du siècle. Il en est d'ailleurs l'un des derniers représentants, au moment même où celui-ci entre en crise et voit sa prééminence contestée.
Présente tout au long du travail de Laurens, l'histoire y apparaît dans sa veine héroïque aussi bien qu'anecdotique, diverse dans les époques illustrées, variée dans les motifs traités. Issus de l'Antiquité ou des textes bibliques, les thèmes classiques qu'illustraient les premières oeuvres sont ensuite délaissés au profit d'autres explorations : le moyen-âge occidental, l'histoire méridionale, puis Byzance et l'empire d'Orient. Cherchant ses sources d'inspiration dans les mémorialistes, dans l'histoire des papes et la vie des saints, comme dans les chroniques d'époque réévaluées par les historiens de son temps, il s'attache à quelques sujets de prédilection qui lui permettent de réaliser de véritables cycles iconographiques. Son oeuvre traduit ainsi le balancement entre les formes canoniques du genre et l'interprétation toute personnelle de l'artiste, tant par le choix des scènes et des épisodes retenus, souvent neufs, que par leur traitement. Mais l'originalité de la vision qu'il en donne témoigne aussi de la renaissance du goût et de l'intérêt pour le passé qui se manifestent durant le XIXe siècle, " siècle de l'histoire". A une époque qui voit un renouveau de la connaissance historique et sa constitution progressive comme une discipline à part entière, les toiles de Laurens font donc écho à quelques ouvrages importants des historiens du XIXe siècle et donnent à voir quelques uns des sujets qui les ont occupés. C'est particulièrement net pour ce qui touche à l'histoire de France. Cette proximité donne un bon exemple de ce qui transparaît des avancées de l'école - ou des écoles - historique et de ce qui peut en marquer l'influence chez un peintre académique.
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