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L'attachement de Jean-Paul Laurens à son identité méridionale ressort clairement de son oeuvre. Le catharisme et l'inquisition en Languedoc s'illustrent comme un thème de prédilection dans le cycle ouvert par La Délivrance des emmurés de Carcassonne (1879). La civilisation occitane médiévale est plus largement évoquée dans certaines oeuvres comme Les Sept Troubadours (1890), sujet gracieux à l'exécution délicate et souple sur la fondation des Jeux floraux. Illustrateur, il aime aussi reprendre les mêmes motifs, représentant Raimond, comte de Toulouse, excommunié dans un ouvrage sur l'histoire populaire de la ville (1898), ou Saint Louis, évêque de Toulouse, recevant les pauvres à sa table pour une réédition de l'Imitation de Jésus Christ (1878) de Renan.
Plus largement, Laurens s'insère dans un mouvement qui marque une certaine renaissance culturelle du Midi. Hommage au terroir de son pays, la puissante fresque agreste du Lauraguais (1897), montre que son inspiration se nourrit aussi de certains poètes méridionaux, comme son compatriote Auguste Fourès, auteur des Cants del soulelh. Pendant que le mouvement du Félibrige prône le réveil de la langue d'oc et défend l'identité méridionale, Laurens use volontiers du patois en privé et légende en occitan ses compositions pour le décor du Capitole. Un milieu artistique florissant existe d'ailleurs dans le Midi autour de personnalités comme le sculpteur Alexandre Falguière, les peintres Benjamin-Constant ou Henri Martin. Destinée à promouvoir ces artistes languedociens, la tournée des Cadets de Gascogne à laquelle il prend part (1898) en témoigne à sa façon. À cette occasion, la salle des Illustres du Capitole de Toulouse est inaugurée et Laurens est qualifié à cette occasion " d'aynat [aîné] des peintres toulousains ". Noyau dur de l'identité méridionale, porteuse de fierté autant que d'une mémoire douloureuse, c'est justement la croisade albigeoise qu'il lui revient de traiter dans ses décors du Capitole.
Sans jamais rompre avec ses racines, fréquentant dans la capitale les cercles de sociabilité et les amicales méridionales, il revient achever sa carrière en réalisant la décoration d'une chapelle de l'église de son village natal : Ecce Homo (1920) à Fourquevaux. À sa disparition, la presse régionale est unanime à y voir un grand deuil pour l'art français et pour l'école toulousaine, dont il passait pour être le plus illustre représentant.
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