Cycles iconographiques Identité méridionale 

Au delà de son travail d'illustrateur ou des choix imposés par les travaux de commande, Jean-Paul Laurens développe dans ses toiles de chevalet de véritables cycles iconographiques, un sujet particulier revenant comme un motif récurrent et faisant l'objet de plusieurs oeuvres successives.

À partir de la chronique du XIe siècle de R. de Coggeshole, les démêlés du second souverain capétien avec l'Église offrent un premier thème. Image fameuse, L'Excommunication de Robert le Pieux (1875) donne une version dramatisée de la sanction qui frappe le roi de France, coupable d'avoir épousé sa parente Berthe. Dans L'Interdit - peint la même année - les cadavres abandonnés devant la porte close d'une chapelle où les sacrements ne sont plus délivrés rendent tangibles le désastre qui en résulte pour le royaume.

La répression de l'hérésie albigeoise forme un second ensemble, au travers surtout du personnage de Bernard Délicieux tel que le ressuscite à ce moment là l'historien Bernard Haureau en s'appuyant sur le manuscrit latin du procès d'inquisition. Avec La Délivrance des emmurés de Carcassonne (1879, Hôtel de ville de Carcassonne), Laurens illustre d'abord les émeutes provoquées par les prêches de ce courageux franciscain qui s'élève dans les années 1300 contre les excès du tribunal religieux.



Dans une superbe confrontation, L'Agitateur du Languedoc (1887) le montre faisant face à son tour aux terribles juges. La série se clôt avec le tableau Après la Question (1882) qui représente, avec un grande sobriété d'effets, la dépouille du moine reconduite au cachot après la torture.

L'Inquisition en tant que telle organise d'ailleurs un autre ensemble repérable dans son oeuvre. Le sujet occupe les historiens du XIXe siècle qui révèlent les épisodes les plus noirs de son histoire, à l'exemple de L'Histoire critique de l'inquisition d'Espagne du chanoine de Tolède J. A. Llorente. Avec la même charge anticléricale, la même volonté de peindre l'intolérance et les dangers d'un pouvoir religieux tout puissant, Laurens multiplie les variations : Les Murailles du Saint-Office (1883) ; le rôle de conseil occulte auprès du pape avec le conciliabule de Sixte IV et Torquemada dans Le Pape et l'Inquisiteur (1882) ; la décision de persécuter les juifs du royaume espagnol dans Le Grand Inquisiteur chez les Rois catholiques (1886) ; l'efficacité d'une institution tout entière au service de la répression avec l'examen des dossiers d'inquisition dans Les Hommes du Saint-Office (1889).

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