Né à Fourquevaux (Haute-Garonne) en 1838, Jean-Paul Laurens conservera toujours ses attaches provinciales, demeurant fortement marqué par ses origines méridionales.

Issu d'un milieu très modeste, il est d'abord simple broyeur de couleurs au service d'un maître piémontais itinérant. Il reçoit ensuite une formation auprès de l'école des Beaux-arts de Toulouse (1854), puis de Paris lorsqu'il obtient sur concours une bourse municipale (1860). Il fréquente alors l'atelier du peintre d'histoire Léon Cogniet et épouse Madeleine Willemsens (1869), la fille de son premier professeur, qui lui donnera deux fils.



À partir des années 1860, il devient un participant régulier du Salon. Remarqué pour la présentation du Pape Formose et Étienne VII et de La Mort du duc d'Enghien (1872), il connaît un engouement croissant et bénéficie d'une rétrospective individuelle lors de l'Exposition universelle qui se tient à Paris (1878). Il est dès lors l'un des artistes les plus appréciés de son temps, estimé de Rodin, plus tard de Péguy et de Gide.

Démocrate convaincu, anticlérical sans excès, proche des milieux républicains, Jean-Paul Laurens intègre le Comité supérieur des Beaux-arts (1880), consultatif auprès du ministère de l'Instruction publique, puis la commission administrative des Beaux-arts de Paris (1881). La consécration vient quand il est élu à l'Académie des Beaux-arts, en remplacement de Meissonier (1891). Enfin, il devient directeur de l'école des Beaux-arts de Toulouse (1893), formant à son tour de nombreux élèves.

Durant les débuts de la Troisième République, la décoration d'importants ensembles monumentaux, réalisés notamment à Paris et à Toulouse, lui confère de surcroît un rôle privilégié au service de la commande publique.

Jean-Paul Laurens s'éteint dans son atelier parisien, le 23 mars 1921. Si l'hommage qui lui est rendu est unanime, quoique discret, son nom et son oeuvre tombent peu après dans l'oubli.