Fra'Galgario et l'aristocratie bergamasque
Le succès immédiat de Fra'Galgario à son installation dans sa vie natale s'explique par une attente insatisfaite de l'aristocratie locale. Le style austère développé par les portraitistes locaux ne pouvait combler un besoin de représentation ostentatoire. Ces gentilshommes et leurs épouses, acteurs d'une société plus raffinée et ouverte sur le monde que celle du XVIIe siècle, ne pouvaient qu'accueillir favorablement un peintre brillant et spectaculaire. Toutefois, leur attachement à des valeurs solides et terriennes s'accommodait aussi de la formation lombarde de Fra'Galgario et de sa fidélité à un certain naturalisme. Notre peintre fut le premier qui réussit à associer ces deux registres.
Les grandes familles locales entameront, pour certaines, un long et fructueux dialogue avec le peintre qui saura les représenter comme ils voulaient l'être mais souvent aussi comme ils étaient réellement. Sans que l'on puisse parler d'école de Fra'Galgario, des peintres comme son contemporain Cifrondi, qui n'était pas avant tout un portraitiste, ou le plus jeune Bonomino sont appelés à peindre ces mêmes familles.
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