Une peinture prestigieuse dans les goûts du temps
Carolus-Duran, à la différence de nombre de ses contemporains qui orientèrent leurs carrières vers la décoration des édifices publics ou religieux, mise à l'honneur par la troisième République, ne se confronta que rarement à la grande peinture, d'histoire ou décorative. En 1875, il reçoit pourtant la commande d'un plafond pour le Palais du Luxembourg, un Triomphe de Marie de Médicis. Il a en outre participé à la décoration du Panthéon sur les murs duquel il a peint une Vie de saint Louis.
Il a laissé d'autres scènes religieuses, chargés de pathos et de théâtralité, comme Le Christ mort sur la Croix, qu'il offrit à la chapelle de Saint-Aygulf, ainsi qu'une Mise au Tombeau. Le paysage participe à cette amplification des sentiments, tout comme dans le Christ au Jardin des Oliviers où la lumière est à la fois un élément symbolique et un ressort dramatique.
L'un des rares succès de Carolus-Duran dans le domaine du nu idéalisé, considéré comme une forme d'art supérieure, fut la Danaé du musée des Beaux-Arts de Bordeaux : Carolus l'exposa en 1891 au Salon de la société nationale des Beaux-Arts. A mi-chemin entre académisme et pompiérisme, Carolus montre ici une de ces nudités alanguies dont l'époque était friande et dont la pudeur n'est qu'à grand peine sauvée par le prétexte mythologique. Il nous faut aussi citer Lilia qui rencontra un très grand succès critique lors de son exposition en 1890 au Cercle de l'union artistique.
Nous pouvons adjoindre à cet ensemble La Gloire ou Souvenir du Siège de Paris, esquisse d'un tableau d'histoire. Cette étude fit grande impression sur Jules Claretie, ami de Carolus, au point qu'il en écrivit : "Le jour où Carolus Duran aura de cette esquisse fait un tableau, il aura ajouté une saisissante page à l'histoire de l'art.".
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