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L'ouverture au réel


Les premières toiles de Carolus-Duran révèlent une étude attentive de l'oeuvre de Gustave Courbet qui fut l'un des artistes de référence pour la jeune école dont les artistes ont été qualifiés de "réalistes de la seconde génération". Le premier exemple de cette influence sur la peinture de Carolus-Duran est Le Convalescent, tableau qui lui a permis de remporter le prix Wicar, dont la réalisation est suivie par celle de L'Homme endormi où l'importance de Courbet se confirme. Ces deux tableaux évoquent en effet L'Homme blessé, autoportrait réalisé par Gustave Courbet entre 1844 et 1854. Il se rapproche également de Courbet avec le tableau peint en Italie, L'Assassiné, dans lequel il donne à une scène de genre les dimensions d'un tableau d'histoire.

Carolus allie dans plusieurs de ses toiles l'assimilation des grands maîtres à l'esthétique réaliste en vogue dans les cercles qu'il fréquente. Un autre exemple est le Portrait de Fantin-Latour et Oulevay qui, lui, révèle l'influence de la peinture espagnole et notamment de Ribera par les noirs profonds des vêtements et des fonds, mais réinterprétée selon les conceptions réalistes. Cette leçon de jeunesse perdure car elle est perceptible dans sa manière de traiter les visages dans les portraits qui ont fait sa réputation : Carolus ne les embellit pas ; l'exigence de vérité, la fidélité à la nature restent intactes et le peintre donne à voir un reflet de la personnalité de ses modèles.


Cette quête de la réalité conduit la jeune génération en forêt de Fontainebleau, véritable atelier du paysage en plein air. Carolus y réalise souvent des études lors de ses séjours, entre 1858 et 1873, pratique qu'il prolongea tout au long de sa carrière. Il y a également peint les portraits en pied des époux Barbey, aubergistes de Chailly-en-Bière, dans lesquels on discerne la leçon du réalisme.

Le paysage du musée d'Indianapolis, Promenade sous bois - Forêt de Fontainebleau, doit beaucoup, dans sa conception, aux peintres de l'école de Barbizon et son grand format trahit l'ambition du jeune peintre. Sa maîtrise, notamment dans le traitement des frondaisons et la représentation de la végétation, n'exclut pas quelques maladresses : l'opposition entre le "flou" du premier plan et la touche alerte de la partie supérieure du tableau, qui redouble celle entre l'ombre et la lumière, trahit l'hésitation. L'introduction d'un couple en habit moderne dans ce paysage des environs de Paris rapproche le peintre des futurs impressionnistes et de Manet particulièrement, qui se plurent à la description des loisirs campagnards.

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