Le musée des Augustins a rouvert le 3 juillet 1996, après plus de deux ans de fermeture, sa salle romane. La collection de sculptures romanes, constituée essentiellement des vestiges provenant des trois édifices religieux romans les plus importants de Toulouse - le Monastère Notre-Dame de la Daurade, la basilique Saint-Sernin et la Cathédrale Saint-Étienne, a ainsi repris place au rez-de-chaussée de l'aile dite " Viollet-le-Duc " rénovée et rendue à son ampleur originelle. La présentation muséographique y reflète en effet la nécessaire actualisation des connaissances sur le sujet, et allie, pour ce faire, au nouvel éclairage et aux nouveaux supports, panneaux pédagogiques et cartels développés auxquels un guide de la collection est assorti.

Capitale politique d'un comté puissant, centre urbain actif, lieu de dévotion et passage privilégié sur la route de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, Toulouse a joui aux XIe et XIIe siècles d'un contexte favorable à l'éclosion d'un art original. Les oeuvres conservées au musée témoignent du bouillonnement artistique qui fit de la cité languedocienne, alors en pleine expansion économique, politique et religieuse, le théâtre de trois chantiers de construction d'envergure. La singularité et l'exceptionnelle longévité de ce foyer artistique ainsi que la diversité de ses ateliers et leur nature prolifique placent Toulouse parmi les centres de création essentiels de l'art roman. Aussi les sculptures du musée des Augustins constituent-elles des jalons fondamentaux dans l'histoire de la sculpture romane.

Mais si elles permettent de dresser un panorama quasiment complet de l'évolution de la sculpture romane toulousaine tout au long du XIIe siècle, ces sculptures sont également les seuls vestiges de monuments aujourd'hui irrémédiablement disparus, victimes pour la plupart de destructions, suite à la loi de nationalisation des biens de l'Église à la Révolution. La spéculation immobilière effrénée qui en découla défigura de manière irréversible ces lieux et valut alors à Toulouse le qualificatif peu glorieux de "patrie du vandalisme".