Le musée des Augustins conserve également un ensemble de grands tableaux commandés pour la décoration du Capitole en 1684 (Jean Jouvenet : Fondation d'une ville en Germanie par les Tectosages, Bon Boullongne : L'émigration des Tectosages) et au début du XVIIIe siècle.

L'oeuvre d'Antoine Rivalz (1667-1735), qui fut très sollicité par les Capitouls, est particulièrement bien représentée aux Augustins : après un séjour de douze ans à Rome, il revint à Toulouse et s'y installa en 1700. En dehors de sa contribution au décor de l'hôtel de Ville, il laissera de nombreux portraits et de multiples peintures d'histoire (L'Enlèvement des Sabines). Pour l'hôtel de ville, il réalise plusieurs grandes compositions telles la Bataille remportée par les Tectosages sur le roi Antiochus (1702), Le Roi Théodoric Ier mène le comte Litorius captif à Toulouse (1706), Raymond de Saint-Gilles prenant la Croix (1706) et L'Expulsion des Huguenots de Toulouse (1723-1727). Ces " grandes machines " historiques doivent à l'exemple des compositions réalisées à Versailles dans la suite de Charles Le Brun. Pierre Subleyras (1699-1749) fut également sollicité pour le Capitole de Toulouse : son Sacre de Louis XV est un remarquable exemple de la grande peinture d'histoire de la première moitié du XVIIIe siècle.

Mentionnons également l'oeuvre de Joseph Roques, peintre d'origine toulousaine qui fut l'un des maîtres d'Ingres, et qui est l'un des meilleurs représentants du néoclassicisme en dehors de Paris. Sa Mort de Marat, peinte en 1793 sur le même thème que le célèbre tableau de David conservé au musée royal des beaux-arts de Bruxelles, incarne les valeurs sévères de la Révolution.